Vils & Immondes

La consigne de cette session : Ecrivez l’histoire d’une rencontre en insistant sur le côté fortuit lié à un livre (à cause de, grâce à, suite à …). Les choses vont soudain changer d’une façon particulière : condamner, sauver, être la source d’un événement inattendu…

Istanbul, 28 février 2001

Sur la route jouxtant le Grand Bazaar, les vendeurs de châtaignes grillées s’époumonent. Tandis que Jacques flânait dans l’air encore froid de ce beau mercredi, une bourrasque couvre ses yeux des cendres d’un braséro. Il tousse puissamment, la vue trouble un instants, déjà fascinée par d’autres châtaignes. Une superbe ottomane à la jupe aussi courte que son souffle ondule des hanches devant lui, et son cul rebondi le subjugue. Elle s’est retournée et a repéré son manège. Alors tantôt elle presse le pas tantôt le ralenti. Il se cale sur son rythme. Désinvolte, captivé des œillades prometteuses. Elle tortille son postérieur de plus en plus vite dans le dédale du marché couvert, exubérant d’étals bariolés. Au fond d’une allée aveugle, il la retrouve et pile presque sur son séant indécent. Les fesses bien hautes, elle dévoile le haut de ses cuisses, penchée en avant et peinant à relever la grille de son échoppe.
-Günaydın. Puis-je vous aider mademoiselle ? Demande t’il doucement.
-Madame ! Evet mersi, cette satanée grille coince tout le temps.
-Vous devriez la lubrifier, tente t’il.

Il la frôle, caresse sa cuisse de la sienne, et d’un coup de rein bien placé libère le passage métallique. Magda Ardzruni, livres rares et anciens affiche la vitrine dans un français incongru ici. Il est bien tombé pense t’il, une littéraire. Ses émois d’adolescent ressurgissent d’un coup, lorsqu’il repense à la jeune Madeleine qui remplaça brièvement la vieille bique qui les assommait avec Zola alors que l’étudiante les empourprait d’Apollinaire.
-Vous voulez faire le tour du propriétaire ?
Mariée et allumeuse en plus.
-Avec plaisir.
-Vous pourrie saisir ses caisses et les porter à l’intérieur ?

Il se saisirait bien d’autre chose pour allez à l’intérieur.
-Pas de problèmes.
Espérant ne pas trop se casser le dos s’il venait à devoir s’en servir pour d’autres besognes, Jacques soulève 4 caisses une à une et les pose derrière le comptoir. L’intrigante libraire, juchée sur un haut tabouret y dévorait le Divin Marquis en sirotant son thé. Elle avait retiré son châle, et affichait sans vergogne un décolleté pigeonnant à faire pâlir la Madone. Un peu salope avec ça se réjouit-il.
-Mersi, désirez vous un thé, une pâtisserie au miel ?
Ça dépend du miel ma belle, mais le tien me plaît déjà n’ose t’il dire.
-Teşekurlar !
Il était presqu’aussi bouillant que le thé maintenant.
-Que contiennent ces caisses ? Se permit-il.
-Et bien des livres évidemment ! Qu’allez vous donc imaginer !

Là j’imagine plus rien, une coriace, ça me plaît.
-Rien du tout, mais sur quel sujet ?
-Ouvrez les si ça vous chante, vous verrez bien, je ne sais jamais ce qu’elles contiennent.

Et en plus elle va me faire bosser à l’œil. Autant me le rincer.
-D’accord, j’adore découvrir l’intérieur des emballages, dit-il de son sourire le plus naïf
Il s’agenouille devant elle, contemple ses jambes croisées, imagine l’entrecuisse. Les 3 premières ne contiennent pas grand chose d’intéressant, la dernière recèle un trésor d’illustrations macabres, érotiques, tourmentées. Le texte n’était ni arabe ni hébreux ni latin, quelque chose d’ancien. Il s’oublia un moment sur une scène où un jeune homme barbu besognait une paysanne dans une impossible position, leurs corps nimbés d’étoiles et de crânes ricanant. Il relève la tête doucement et surprend son regard narquois. Les jambes décroisées révélait un pubis nu, sombre et bien taillé qui lui fit perdre quelque peu ses moyens lorsqu’innocemment elle lui dit.
-Vous aimez ce genre de choses alors ?
-Heuu, oui enfin non, c’est pour un ami.

Elle pouffait déjà.
-Je vous l’emballe  ?
C’est toi qui m’emballe canaille
-Oui madame, s’il vous plaît.
-Ne soyez pas timide, appelez moi Magda, revenez, j’en aurai peut-être d’autres ce soir.
-Bien heu je dois y aller, à bientôt, mon ami m’attend

Arrivé dans la grande citerne basilique, il s’engage prudemment sur la voie humide qui mène à la tête de Méduse. Pour tuer le temps, il nourrit quelques carpes. C’est interdit, mais il vient ici tout les samedis. Kemal le connais bien et le salue poliment d’un regard mi courroucé mi souriant. C’est le plus vieux gardien, les autres le respectent comme un père et ne l’importuneront pas non plus. Pour leur première rencontre Laurent portera son drapeau noir. Que vient-il faire avec ça ici ? C’est pas l’endroit pour faire une manif anarchiste pourtant. Perdu dans ses pensées lubriques de débutant, il peste, elle est pire qu’une anguille et pourtant elle veut se faire prendre. Un grand bonhomme musclé, aux cheveux ras s’approche de lui, manque de glisser dans un bassin.
-Jacques Leroy ?
Jacques sourit en reconnaissant les 4 colonnes noires sur son t-shirt blanc.
-Black Flag, j’aurais du y penser.
-C’était plus simple non ?
-Oui, bonjour Laurent.
-Alors c’est ici que tu viens te reposer tout les samedis matins ?
-Ouais, j’aime bien bouquiner ici, ça calme.
-Impressionnant comme endroit.
-A propos de bouquins j’ai un cadeau de bienvenue pour toi.
-C’est quoi cette langue ?
-Aucune idée, je me suis dit que les illustrations te parleraient.
-Ouais ça à l’air glauques comme truc, merci. Je demanderai à Irène d’y jeter un oeil à la DDC.
-Tu veux aller manger quelque chose ?
-Y’a un truc bien dans le coin ?
-Une agréable fumerie de pipes à eau, ils servent pleins de petits plats et t’auras vue sur le Bosphore.

Sur la route ils croisent l’un de ces inévitables ramasseurs d’ordure, précédés de son cheval blanc tout râpeux. Ils dégagent une de ces puanteurs qui vaincraient les plus téméraires.

40 jours plus tard le cul délicieux de Magda claque sur les couilles de Jacques, son ventre danse contre le sien tandis qu’elle s’empale sur le serpent de chair. Ses grands yeux d’amandes sombres le fixent impérieusement pendant qu’elle halète. Comme toute les nuit depuis ce jour, Jacques est devenu son jouet, les poignets immobilisés dans ses griffes insatiables cette fois. Le téléphone résonne. Ils continuent leur ébats, elle est trop mouillée, elle ne le lâchera pas sans avoir joui, léché sa verge ruisselante. Le téléphone accompagne leur orgasme, et pantelante elle l’autorise à décrocher. Laurent. Il est surexcité. Jacques dit-il, lâche tout, vient à Lyon, ce bouquin là, c’est une bombe cosmique.

Lyon, 25 mars 2007

La guerre fait rage, la police montée est là, leurs chevaux hennissant sous les stroboscopes rouges de leur sirène. Leurs cavaliers tabassent la foule de manifestant de leurs longues matraques. Les bulldozers ont commencés à forcer les grilles et ravagent les vanités et les fresques. Ces cons ont oubliés que le lieu est classé, déjà la nécropole protestante est réduite en miette. Ils, ils se sont réfugiés dans le bunker, au cœur de la demeure du chaos. Espérons qu’il résiste, ce soir Laurent et Jacques serrent les mains de leurs épouses parturientes. Bientôt Maryam mettra au monde un garçon avec l’aide d’Apolline la sage-femme. Marie, écoute en hurlant les conseils de Diane sa jumelle; sa fille commence à poindre. Le professeur Théodore veille. Ce soir. Toute l’équipe transhumaniste est réunie autour du généticien fou. Ils avancent dans la gnose alchimique, dans les entrailles de la bête qu’ils créent, y célébrant leur forfait. Dans le sang et les hurlements. Dans le fracas de la tôle violée et des foreuses percussives.
Dans le cœur de la salle des serveurs, les informaticiens veillent encore, anonymement à diffuser le message : » we were useless, now we will be 90% of you ». Saturant les torrents de leurs décrypteurs depuis 9 mois. Le fils prend son premier souffle, enfin.  La fille respire déjà dans les bras de ses parents. Tout va bien. La phase deux peut commencer. Les mères et poupins s’installent chacune dans d’immenses Hummer blindés, Sidney et Kurt les conduiront. Jacques et Laurent prennent le volant des leurs . Après la vie, la mort. Thierry impassible, pilote déjà les Gatling planqués sur toute les façade. Froidement c’est la mairesse qu’il vise en premier, d’une salve imparable. Son front explose sous la couronne d’épines des mitrailleuses militaires. Décapitant en premier cette Salomé inculte. Puis méthodiquement il éventre cavaliers et chevaux, les rougissant du sang infâme de leur méfait, démembrant l’ordre du ballet chaotique de sa puissance de feu. Les 4 Hummers s’élancent alors sur les restes fumants, se dispersant pour très longtemps, emportant aux quatre vents les prophètes braillards dans les limbes du monde. Théodore et Thierry enclenchent alors la phase trois. 13 charges et 999 kilos de C4 fournis par les milices survivalistes d’Arkansas pulvérisent la demeure. Ouvrant alors un cratère dantesque. Le chaos est né. La phase 4 peut enfin commencer,  les 4 petites fourmis noires se préparent à offrir leur terrible cadeau au monde.

Albi, 1 novembre 2019

-Vous montez à cheval ?
-Oui Cardinal Batty.
-Parfait docteur Tyrell, choisissez votre pouliche, nous partons en balade botanique, j’aimerais vous faire gouter mon vignoble.
-La petite noire là m’ira très bien.
-Excellent choix, elle est très bien dressée, quoiqu’un peu nerveuse.
-Dite moi cardinal, en quoi la science peut vous aidez ?
-Nous devons éradiquez une hérésie.
-J’ai peur que cela soit au delà de ma juridiction.
-Vous travailliez à l’EBI il me semble.
-Je ne vois toujours pas.
-Pensez vous pouvoir stocker une information pérenne dans l’ADN humain.
-On a essayé, mais avec les mutations et les lois c’est peine perdue.
-Quelqu’un l’a fait.
-Mais encore.
-Nous ne savons pas comment, mais cette anomalie doit disparaître.
-Oh elle disparaitra d’elle même.
-Selon nos sources elle se propage.
-C’est impossible, aucun virus ne peut modifier à ce point un ADN établi sans provoquer la mort du sujet.
-Reconnaissez vous ce symbole ?
-Une simple spirale de Fibonacci oui.
-Vous voyez le logo, Childs of the Spiral.
-Oui nettement.
-Nous l’avons retrouvé dans la double hélice de plusieurs milliers d’enfants, sur toute la planète.
-Et donc.
-Trouvez nous un moyen d’effacer tout ça discrètement.
-Je vous l’ai dit, on ne peut pas faire ça de manière viable.
-Une molécule très concentrée qui bloquerait l’ARN.
-Entrainerait la mort immédiate des cellules, il ne quitterait pas le laboratoire.
-Nos co-investisseurs arabes vous aideront, nous avons des moyens illimités
-Le Vatican et les Imams… qu’est-ce que vous chercher à cacher exactement.
-Nous cherchons à préserver la paix.
-Ah bah c’est nouveau ça !
-L’inquisition n’a pas vraiment disparu vous savez, on a juste changé le nom.
-Vous me menacer maintenant ?
-Vous ne voulez pas le savoir.
-Ben j’y serai bien amené si je travaille pour vous.
-Vous n’avez pas le choix, je vous en ai déjà trop dit.
-Une proposition que je ne peux pas refuser, vous en faites pas un peu trop.
-Pas assez et passez vite, nous voulons un système épandable en aérosol.
-Et si ça mute, toute la population contaminée y passe sans parler de la contagion
-C’est un risque. Le Christ est bien mort et réssuscité pour nous.
-A prouver, en tout cas il a pas dit tuez les tous.
-Taisez-vous, votre laboratoire vous attend depuis déjà trop longtemps.
-Et il où se trouve ce laboratoire ?
-Au Qatar.
-Monseigneur serait-il devenu un hérétique subitement ?
-(il souffle) Dépêchez vous, mon ventre crie famine.

Salt Lake City, 9 avril 2034

Les voiles sont posées. Discrètes,  mais sur le mauvais immeuble. Le temple n’est pas loin. La ville bruisse des gémissements des enragés. Sans parler de Peter, qui s’est crashé. Et qui, la tête la première, s’est empalé sur les lances d’une grille. Tu parles d’une arrivée silencieuse. Des 4 ils ne sont déjà plus que trois. La sainte trinité dans toute sa misère; Dan la brute, John le tireur d’élite et Josh le hacker. Et dans la rue les enragés se déchainent. Certains sont justes hyper-violents, d’autres deviennent cannibales. Les plus dangereux ont l’air normal, mais n’hésitent jamais à vous torturer avec un sadisme qui ferait passer Albert Fish pour un enfant de chœur. Bref,  les trois marines doivent ruser, prendre des chemins détournés puisqu’ il y en a trop observent t’il dans le vert pale granuleux de leur vision de nuit, bien trop. Le moindre bruit les attire par meutes. La mutation augmente souvent leurs sens, ultrasons, phéromones, nyctalope même. Pas question de prendre les 333 mètres de rues, ils n’en feraient pas 4 sans se faire déchiqueter. Ils ont bien sur leur helipack, mais ils ont juste la quantité de fuel nécessaire pour leur extraction. Autant allez danser à poil sur le toit de la Ka’aba vu la discrétion de ces engins.

Josh se connecte sur les bribes d’internet. Le réseau satellite encaisse le coup depuis le milieu de la pandémie. La maintenance vacille, oscille. Le réseau est lui aussi  démoli. Josh a besoin des plans de la ville, sous-sols y compris. Le temps s’étire, moulinant les octets à 56 bauds. A ce train ils n’y seront pas avant l’aube. Soudain Gabriel, leur contrôleur, résonne dans ses oreilles. Il a réussi à les localiser et réoriente le faisceau descendant vers leur position. Le débit monte en flèche. De sa voix d’ange, douce et puissante, il a même lancé la simulation pour orienter la troupe, mais dans les égouts il ne pourra plus les voir. Pourtant la cheminée derrière eux descend jusqu’aux caves, de là une trappe les mènera trois blocs plus loin dans la palmeraie de l’église des saints des saints des derniers jours. Elle semble déserte d’ici. Heureusement chacun a corde et grappin. Dan ouvre le bal, au cas où, la descente est laborieuse pour sa carrure de bucheron sous stéroïde. C’est vide 2 coups pour danger, 4 pour ok. John s’y colle. Dérape et manque de jurer. Ne pas attirer l’attention. Il entend les grognements et les conversations délirantes au travers des murs vétuste. Il a vu un enragé en défoncer un à coups de poings pendant la pacification en Iran en 2025. Il ralentit. Attend que les deux bêtes humaines s’en aillent et reprend sa descente. Josh s’engage à son tour, sa gourde s’accroche, se détache, la cheminée amplifie tout. Il panique. Réfléchir bon dieu, réfléchir. Il voit les trois deltaplane sur le toit. à 50 mètres de lui. OK. Il court avant qu’une meute ne débarque des étages. Il  les balance tous en contrebas, détourner l’attention. Il a juste le temps de voir les premiers forcer la porte de la cage d’escalier, il se brûle les mains et glisse au fond de l’âtre béant. Dan s’échine sur la trappe des égouts. Le vacarme à nouveaux quand il fait sauter le verrou.
Les enragés se fracassent depuis le conduit de la cheminée, tambourinent à la porte de la cave, pas le temps de refermer. Ils courent à toute berzingue dans la flotte immonde, ça résonne et la marée affamée se jette à leurs trousses. Dan s’arrête.
– M’attendez pas les gars, je vais les retenir.
-Content de t’avoir connu Dan
-Pas le temps de pleurer les mecs, adieu.
-Adieu Dan

100 mètres plus loin le tonnerre de sa grenade résonne, la palmeraie du grand temple est juste au dessus d’eux. Cette fois la trappe s’ouvre étonnement sans problème. C’est calme, trop calme. Plus un bruit, les hauts murs et les grilles sont intacts. Ils avancent, toujours dans le pâle océan vert de leur lunette à amplification. L’aube apportera bientôt plus d’emmerdes. Ils doivent se plier sous les rameaux bruissant. Gabriel les guide à nouveaux, soudain un hennissement. Une masse énorme cavale vers eux, la mort aux dents. John tire, par réflexe. La détonation pulse au ralenti, bientôt suivi de bousculades grimaçantes. L’âne enragé lui aussi gît dans là pâle lune, le crâne arraché. Tant qu’à faire, autant tirer sur une des nombreuses portes de service. Le shotgun est bien pratique. Sauf que. Dans le jardin les traqueurs déments les cherchent. Gabriel les guide, gauche, gauche, tout droit la porte là, l’escalier là. Un étage en bas, des bureaux, émergent des mâchoires en sang qui grossissent les rangs. A droite ! John a juste le temps de balancer sa grenade, juste le temps pour Josh d’introduire le mystérieux code dans le digicode derrière ce tableau insignifiant. Le buffet en dessous, s’écarte, un escalier sombre. Ils foncent. D’autres cris résonnent tandis que Josh referme le passage, une main s’y coince pourtant, laissant un jour.
-Et maintenant Gabriel ?
Il ne les entend déjà plus
-Putain on fait quoi là Josh ?
-La porte là tout droit, ca doit être ça leur véritable saint des saints
-Comment tu sais ça toi ?
-Y’a qu’une porte dans ce couloir.

La porte s’ouvre sans problème. Les deux soldats la barricadent avec tout les bancs et meubles qu’ils trouvent. Pas grand chose mais c’est mieux que rien. Devant eux une ferme de serveurs immense bourdonne, les diodes apaisants. Pas un bruit rien. Tout au bout une console Oracle. Pas beaucoup de temps. Josh s’installe et pianote, 3|0|-|1|\/|5@88@07|-|. L’intégralité des archives généalogiques mormones, toutes les infos glanées, légalement ou non sur le monde s’ouvrent. Maintenant lancer la partie database du décrypteur CoS. Vu la masse de données à traiter, les serveurs s’affolent, les ventilos tournent à plein régime. Dans un coin de la pièce John repère un monte-charge pour une personne avec l’inscription Roof. La carte avance un texte et se forme en code ascii. Les cris tout au loin s’intensifient mais le buffet est un bloc de plomb de plusieurs tonnes. Soudain un simple fichier PDF apparait sur le bureau, illico récupéré. Josh s’installe et lit. John s’impatiente.
-On lira ça plus tard Josh !
-Laisse moi 10 minutes.
-On a pas dix minutes.

Sur les écrans de contrôle, les enragés ont déjà récupéré quelque centimètres d’ouverture pourtant Josh poursuit, ponctuant sa lecture de fils de pute, bordel de merde, irresponsables.
-Bon Josh on va plus tenir longtemps ça dit quoi ?
-Ça dit qu’une bande de malades a modifié le code génétique de quasi toute la planète pour y injecter le texte et les infos sur un livre.
-Et c’est ça qui les rend enragés ?
-Non je vais te résumer

Nous, Enfants du Chaos, Fils et Filles de la Spirale dénonçons le mensonge chrétien. Nous avons retrouvé le texte complet de l’Evangile de Judas. Jésus n’est pas mort sur la croix. Il y a envoyé son frère cadet, masochiste et dépressif, simple d’esprit à sa place. La résurrection est une supercherie. Le but mégalomane de Jésus était de diriger le Sanhedrin. Moi Judas, je ne peux plus vivre ce mensonge.
-Et c’est tout ?
-Non le livre a été retrouvé par Godefroy de Bouillon lors de la première croisade, il fit porter un exemplaire à Byzance et un à Rome.
-La belle affaire, laisse les gens croire ce qu’ils veulent, je comprends toujours pas le problème.
-Le problème c’est qu’après la chute de Byzance, les ottomans confièrent la garde du livre aux soufis semazen.
-Les quoi ?
-Les derviches tourneurs, tu sors vraiment des Appalaches toi.
-Oh ça va hein, je te préviens qu’encore 5 centimètres et tu pourras leur faire un cours d’histoire pour les calmer.
-Bref, quand Atatürk a laïcisé la Turquie, l’ordre a été dissous et persécuté. Le livre a disparu. Un égyptien l’a retrouvé dans une cache au fond d’une oasis. Depuis il circule et se recopie dans tous les milieux terroristes et extrémistes.
-Soit
-Les fils du chaos là ont reproduit le bouquin et toute son histoire en contaminant la planète, baisant à tout va pour le diffuser un max, engrossant toutes les femmes en âge de procréer. Puis ils ont balancé le programme de décryptage que j’utilise sur le net, et planqué une copie du tout dans les archives mormones à leur insu.
-Le Vatican s’en est rendu compte et a fabriquer un virus aérosol pour retirer toutes traces, voulant éviter un clash destructeur entre Islam et Chrétienté. 
C’est ça les enragés, ils ont tout foiré, le virus a muté. Ils s’attaquent à tous les mammifères petit à petit, recodant leur ADN n’importe comment.
-Les bâtards, c’est énorme 2000 ans qu’ils mentent alors.
-2001 pour être précis oui. Mais attend. Nous, le fils et la fille de la Spirale avons l’antidote, retrouvez nous à Durupınar.

La porte vole en éclat. Et la horde se précipite ivre de sang.
-Josh, dis moi ce que je dois faire ?
-Prend ce monte-charge et ce unité-mémoire. Dis au monde ce que tu a vu et entendu.
-Mais toi ?
-Je vais mourir pour nous tous John.

Epilogue

L’apocalypse alchimique du chaos, sa magie primitive a désormais dénoncé le mensonge pascal. La transmutation peut commencer pour les dix pour cent d’humanité survivante. Quelque part sur une petite montagne à l’extrême est de la Turquie se dressent 4 cairns. A la base de chacun, sur une large pierre plate, un Ourobouros enserre un nom. Kayne et Maybelle, chacun possédant deux pommes pourries, les y déposent. Kayne contemple la colonne de poussière qui trace la route dans l’aube dorée et termine par la tombe où figure simplement :

Ci gît
LEROY JACQUES

Sous terre, le crâne desséché sourit encore. Une bible vicieuse sur la poitrine, n’y figure plus que le nouveau testament. Sur chaque pages, des photos de Magda nue, dans toutes les positions dégradantes et excitantes possibles. Qui aurait prophétisé, 33 ans plus tôt, que le charme jouissif d’un cul byzantin aurait pu ainsi diviser le monde ?

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