BRÛLURES D’ANGES

Atelier d'écriture: décrire une ville sous forme de poème et de métaphores

Nous flottons au dessus d’une mer de pierres et de goudrons.

Chaude de brumes trompeuses.

Mirage de palmes décaties.

Tituber jusqu’au débarcadère des séraphins, rassis d’un long envol.

Finies les bulles dorées et le sourire complice des hôtesses de Paname.

LAX enfin, libertinage au xylitol.

Bienvenue des muscles en treillis portant des armes désirables.

Fouilles mollassonnes hélas, prude hypochrisie des guildes du paraître.

Saint-Fernand et Sainte-Monique entendez mes élans, voyez ma trique.

Prenez moi dans vos filets ensoleillés.

Soignez mes ailes brûlées dans le Pacifique.

Faites moi surfez sur vos canaux à quatre voies et vos ruts de traverses.

Ouais, cité des anges, tentacule moi.

Je veux tirer en rose et blanc dans ton enseigne.

Promet moi ces belles concubines des temples chinois.

Petites étoiles éphémères péroxydées ou mignons musclés, je prends tout.

Épargne moi des émeutes sombres dans le centre sud

De ses grillages bleus et rouges.

Mène moi à la plage, aux pipes colorées, aux allumés foutraques, aux bouges iodés.

Arpenter ses sites kinétiques.

Permet moi de m’y perdre et pédaler

Traverser ses domaines et plaines de jeux numériques

Je veux les sentir sous mes doigts

M’habiller de promesses fantastiques

Comme dans les pubs qui tournoient

Je veux moi aussi rêver d’un oncle glabre et de ponts d’or, sans soupirer.

Ouvre moi ton boulevard du vice, chère Sainte-Monique,

Chevaucher tes étalons enragés.

Garçons de joie en mini-short, aux tablettes de chocolat

Laisse mon chicanos me gruger de détours vaporeux

M’effondrer dans une piaule pour jeunes crétins

Avec l’océan comme éternité.

Viens, chérie, allume moi. Passons de l’autre côté.

Surfons les tempêtes. Dans ta jungle accueillante.

Ne m’aimeras tu pas follement à la fin de la nuit ?

Découvrir les fesses roulantes des blondes donzelles patinantes.

Futiles caresses gloussantes avant d’aller se vendre

Se casser sur l’eau, dans les rouleaux

Les cheveux décolorés, la poitrine tatouée

D’une démone décalée, d’électronique dépassée

Infinité d’onyx et de silicone

Toi qui sait si bien me mentir

Et moi consentir à être exploité.

Filer comme un chien gris dans l’immensité bon marché du café rebrulé.

Tu sais que je déteste la meringue et le stuc

Vire moi ces répliques d’humains qui n’en ont plus que la gueule

Je préfère diner dans un tube de tôle

Avec le skaï pour horizon

Au jus de chaussettes, à la tarte au citron

Sainte Monique ouvre moi ta voie humide.

Et toi Saint-Fernand, couvre moi d’audaces.

Je te vois déjà

Décorer le salon

De semences et d’essences survitaminées

Qui fortifient les garçons

Pour mieux les siffler sans discuter.

Agir puis réfléchir

Vivre détrempé de rêves

De tout ces rêves sacrés de la forêt

On en a fait des parcs d’attraction

Universalité du mensonge

Rêves encore, à la sortie

Souvenirs en plastique pour enfants

Boutiques en toc.

Rêves de cartons, de cuir, de soleil, sur le silicium

Réalité des mondes formatés

Être Ève, soumise ferme

Nue, et fière et droite pour toi

Puis

Tue, tue, tue, vite

Rouler en tank sur le périphérique

Prendre une bretelle, défoncer le carton-pâte des blocs d’habitation

Pour toi qui tant aimes les spectacles des volitions

Je vois tout, j’ai forcé sur l’acide

Saloperie sucrée et simoniaque

Et se réveiller rougi d’embruns et de matraques

Dans la nuit de ta chatte écarlate

Sourire sans sommation

Je suis bien sur tes digues, dans les canaux, les roseaux

Le cirque des arcades bleuies, des tissus hallucinogènes

Là où on s’envoie en l’air à minuit sans gêne

Les pots de cannabis et les maisons de bois

Ici les les paumés naviguent en bribe de lois

Leur seule religion, elle n’est pas si mauvaise

Je t’aime, je t’aime à en mourir

Pas comme cette vieille italienne qui s’engloutit

Des vieillards tristes et des éphèbes pervertis

Auprès de qui je retournerai bien assez tôt

Toi et moi en tandem, on pédale dans ton dédale

Ton dédain renforce ma quête de gloire à la noix

Mais non, c’est ici avec les clodos, les cramés du bulbe

Que vivre s’apprend je suppute

Avec les drogués, les putes, les branchés, les fondus

Quand on enlève sa culotte pour baiser son pote

A l’ombre des palmiers

Pour se mouiller, s’encanailler

Devant derrière, laisse moi faire, s’il te plaît

Cité solaire de la nuit, des cocktails roses

Des caniches cuits , des superbes overdose

Venice tu as toi aussi tes masques et tes doges

Bien plus excitant parce qu’à tout tu déroges

Cauchemards de tentations d’ascension

Plaisirs des chutes en rehabilitation

Le soleil se pose sur un rougeoyant grand canal

Et pour une poignée de dollars de plus

Les exécutifs plongent dans la poudreuse

Feu vert, adieu belle californication.

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